Un site naturel et patrimonial exceptionnel, façonné par sept siècles d'histoire, d'ermites et d'art spontané.
Un des 8 sommets de la chaîne du Mont d'Or lyonnais, premier balcon sur Lyon, ses plaines et les Alpes.
L'ermitage a été fondé par le Frère Jean Henri, moine de l'île Barbe, reconnu par une Bulle du Pape Jules II en 1511.
En 1952, le peintre Louis Touchagues, natif de Saint-Cyr, orne le porche et l'abside de fresques remarquables.
Le jardin de rocailles créé par Frère François (1878–1910) a été entièrement restauré par l'association.
Le Mont Cindre culmine à 470 m, offrant un panorama exceptionnel sur Lyon et sa Métropole, la plaine de la Saône, l'Ain jusqu'au Bugey, les Alpes avec le Mont Blanc, le Jura sud, la Dent du Chat et les Monts du Lyonnais.
Poumon vert de Lyon, sillonné de nombreux sentiers balisés, le massif est apprécié de tous les randonneurs, joggeurs et cyclistes. Une maison de la nature, située entre le Mont Cindre et le Mont Thou, offre une halte documentée avec sentiers thématiques : l'homme et le paysage, les cabornes, les rapaces…
Les couchers de soleil vus depuis l'esplanade attirent les photographes qui prolongent souvent leur séance pour le spectacle lumineux de Lyon la nuit.
Sept siècles d'histoire spirituelle, d'ermites et de pèlerinages ont façonné ce lieu unique.
L'ermitage du Mont Cindre aurait été fondé en 1341 par un moine de l'île Barbe, le Frère Jean Henri. Les registres de l'Abbaye ont bien enregistré ce frère confesseur des Dames de Sathonay qui l'auraient aidé financièrement à construire une récluserie ainsi qu'une chapelle dédiée à Notre-Dame Reine des Cieux.
Entre 1415 et 1444, l'archevêque de Lyon Amédée de Talaru donna des directives pour que l'ermitage soit entretenu. En 1511, une Bulle du Pape Jules II le reconnaît officiellement.
C'est un lieu de pèlerinage important : la chapelle, devenue trop petite, est agrandie en 1675. En pierre jaune et grise des Monts d'Or, avec une seule nef de 24 m de long et 9 m de large. Un logement pour l'ermite est aménagé : deux petites pièces, une cave, une écurie et un abri.
En 1791, les biens du clergé sont vendus à la Révolution. Mais dès l'an VIII, la commune rachète l'ermitage grâce à une collecte de noix ! En 1820, la chapelle est consacrée sous le vocable Notre-Dame de Tout Pouvoir.
En 1952, le peintre Louis Touchagues, natif de Saint-Cyr et figure de la peinture parisienne, décore le porche et l'abside de la chapelle. Il y peint l'Hommage des saisons à Notre-Dame de Tout Pouvoir, une fresque représentant les habitants du village et les travaux des champs. Il peint également le Couronnement de la Vierge au-dessus de l'autel.
L'intérieur de la chapelle recèle de nombreux trésors : ex-voto en marbre, bannières en soie brodée, et une maquette du navire La Belle Poule offerte par l'amiral Pellion vers 1850, en remerciement d'un sauvetage lors du naufrage de l'Uranie en 1823.
Un seul office est célébré chaque année, le lundi de Pentecôte, en souvenir des grands pèlerinages qui attiraient autrefois des foules entières au Mont Cindre.
De nombreux ermites se sont succédé au Mont Cindre depuis le XIVe siècle, chacun laissant sa marque sur ce lieu unique.
Fondation de l'ermitage par un moine de l'île Barbe. Construction d'une récluserie et d'une chapelle dédiée à Notre-Dame Reine des Cieux.
Reconnaissance officielle de l'ermitage. Le frère Isaac place la récluserie sous l'invocation de Notre Dame des Remèdes.
La chapelle est agrandie : une nef de 24 m en pierre jaune et grise des Monts d'Or. Un logement pour l'ermite est aménagé.
Ermite au destin royal : fils naturel d'Henri IV, il restaure la chapelle et établit une charte définissant les droits de l'ermite.
L'ermitage est vendu à la Révolution puis racheté par la commune grâce à la collecte des récoltes de noix des paroissiens.
Le dernier ermite permanent s'installe. Il crée le jardin de rocailles sur 32 ans de travail acharné, jusqu'à sa mort en 1910.
Lorsqu'Emile François Damidot arrive au Mont Cindre en 1878, il trouve derrière la chapelle une carrière surmontée d'un calvaire. Ce sera sa Jérusalem : le Mont des Oliviers, le Golgotha, le tombeau du Christ.
Un an avant le facteur Cheval, Damidot ramasse les cailloux en bordure des champs et des vignes épierrées. Il crée des niches, des grottes, des bassins. Il évoque Bethléem, Nazareth, Saint François d'Assise… Le Mont des Oliviers se dresse sur la carrière, « plus près du ciel, plus près de Dieu ».
Pas de pierres taillées ni sculptées : des cailloux et du ciment armé de ferrailles de récupération. Emile Damidot, tailleur d'habits franc-comtois, est devenu Frère François, ermite rocailleur. Son chantier aura duré 32 ans.
En 1952, Louis Touchagues renonce aux tourbillons de la vie parisienne dont il est le peintre fétiche, pour peindre par fidélité à son village natal les fresques de la chapelle de l'Ermitage.
Sous le dôme du porche, il orchestre une symphonie des saisons et des travaux des champs. À droite les femmes, à gauche les hommes, habitants de Saint-Cyr ou amis lyonnais, tous célèbrent la gloire de Notre-Dame.
Un pointillisme fondu décliné en teintes sourdes donne aux fonds une douceur chaleureuse. « Il faut subir le grain du mur, la complaisance fugitive du mortier dans laquelle la couleur est fixée », confie l'artiste.
« On retrouve la griffe du peintre de la joie de vivre dans les arabesques et les ondulations de la flore des Monts d'Or, dans le geste gracieux des femmes ou celui plus fier des paysans. »
Le Mont Cindre et son ermitage se découvrent à travers des visites guidées et des animations culturelles organisées par l'association tout au long de l'année.